DPE : le point sur les futures et très probables améliorations du diagnostic énergie

Depuis sa grande réforme du 1er juillet 2021, le diagnostic de performance énergétique (DPE) a connu une transformation profonde : méthode de calcul standardisée, opposabilité juridique, nouvelles étiquettes. Mais ce document réglementaire continue d’évoluer. Entre corrections techniques apportées en 2024, réflexions en cours sur la prise en compte du confort d’été, les nouvelles énergies renouvelables ou encore l’intégration d’un indice de rénovation, le DPE de demain sera encore plus précis, plus complet et plus utile. Diag Énergie fait le point sur les améliorations futures et très probables du diagnostic énergie en France.

Les limites reconnues du DPE actuel

Le biais climatique et la prise en compte des données locales

Depuis la réforme de 2021, le DPE utilise des données climatiques standardisées (stations de référence par département) qui ne tiennent pas compte des microclimats locaux, de l’altitude précise du bien ou des effets urbains (îlot de chaleur parisien). Des travaux sont en cours pour affiner la zonation climatique et permettre des calculs plus représentatifs de la réalité géographique de chaque logement.

Les petites surfaces pénalisées

L’un des problèmes récurrents du DPE actuel concerne les petits logements (studios, T1, T2 de petite superficie). La méthode de calcul 3CL, basée notamment sur la déperdition thermique rapportée à la surface, tend à défavoriser structurellement les petites surfaces. Un studio bien isolé peut se retrouver classé E ou F, non pas en raison de sa mauvaise performance réelle, mais à cause d’un ratio déperditions/surface défavorable.

La DHUP (Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages) et l’ADEME ont reconnu ce biais et travaillent à une correction méthodologique ciblée. Une révision des seuils de classes pour les logements de moins de 40 m² est attendue, sans doute lors d’une prochaine actualisation réglementaire.

Le traitement insuffisant du confort d’été

Le DPE actuel évalue principalement les performances hivernales du logement (besoin de chauffage, qualité de l’isolation thermique). La dimension estivale — confort en période de canicule, risque de surchauffe — est abordée de façon très succincte via l’indicateur IC (indicateur de confort d’été), mais sans avoir d’impact sur la classe énergétique. Face au changement climatique et à la multiplication des vagues de chaleur, cette lacune est de plus en plus critiquée.

Les améliorations en cours et attendues

1. L’intégration renforcée du confort d’été dans la notation

Plusieurs scénarios sont à l’étude pour intégrer la performance estivale dans le calcul du DPE. L’un d’eux prévoit la création d’une étiquette complémentaire dédiée au confort d’été (sur le modèle des étiquettes énergie et climat actuelles), prenant en compte l’inertie thermique des parois, la qualité des protections solaires, la capacité de ventilation nocturne et l’orientation du logement. Cette évolution pourrait être intégrée dans une refonte plus large du DPE à l’horizon 2026-2027.

2. La prise en compte des énergies renouvelables auto-produites

Actuellement, le DPE intègre les panneaux photovoltaïques pour réduire la consommation d’énergie finale, mais de façon limitée. Les évolutions envisagées visent à mieux valoriser l’autoconsommation d’énergie renouvelable : installation de panneaux solaires thermiques, pompes à chaleur air-air, production de biogaz. Ces améliorations permettraient aux logements équipés de systèmes de production d’énergie renouvelable de bénéficier d’une meilleure classe DPE, plus représentative de leur performance réelle.

3. Un meilleur traitement des systèmes de chauffage hybrides

Les pompes à chaleur hybrides (qui combinent une PAC avec une chaudière gaz d’appoint), les systèmes de chauffage réversibles multizone et les installations combinant plusieurs sources d’énergie sont mal pris en compte par le moteur de calcul actuel. Des travaux sont en cours pour développer des algorithmes plus adaptés à la complexité des installations modernes.

4. L’indexation des prix de l’énergie

Le DPE actuel utilise des prix de référence de l’énergie fixés par arrêté, révisés périodiquement mais qui peuvent s’écarter significativement des prix réels du marché. Une indexation plus dynamique — ou l’affichage de fourchettes de coûts selon les scénarios de prix de l’énergie — est envisagée pour rendre les estimations de charges plus crédibles et utiles pour les acheteurs et locataires.

5. Un DPE « embarqué » dans une base de données nationale

La DGALN travaille sur un projet de base de données nationale des DPE, permettant un suivi statistique des performances énergétiques du parc immobilier français et facilitant les contrôles qualité sur les diagnostics réalisés. Cette base de données, dont l’ADEME gère déjà une version en cours de développement, permettra également de détecter les DPE aberrants ou frauduleux plus efficacement.

L’impact des améliorations du DPE pour les propriétaires

Ces évolutions auront des conséquences directes pour les propriétaires et les copropriétés. Un DPE qui intègrerait mieux le confort d’été, les ENR et les petites surfaces pourrait modifier la classe de nombreux logements actuellement dans les catégories C, D ou E. Pour les passoires thermiques (F et G), les améliorations méthodologiques pourraient permettre à certains biens rénovés de franchir plus facilement la barre du D ou C.

Dans ce contexte d’évolution réglementaire, il est important pour les propriétaires de rester informés et de faire réaliser leur DPE par des diagnostiqueurs certifiés, qui sont les premiers à intégrer les mises à jour du logiciel de calcul dès qu’elles sont publiées. Chez Diag Énergie, nos diagnostiqueurs sont formés en continu et utilisent exclusivement les versions à jour des logiciels agréés.

Ce que le DPE restera : un outil central du marché immobilier

Quelles que soient les évolutions à venir, le DPE demeure et demeurera la pièce maîtresse du dossier de diagnostics techniques. Sa valeur juridique, son rôle de signal pour les acheteurs et locataires, et sa fonction d’outil de politique publique pour orienter la rénovation énergétique du parc immobilier en font un document incontournable. Le renforcer, c’est renforcer la confiance dans l’immobilier et accélérer la transition énergétique du bâtiment.

💡  Un DPE réalisé par un diagnostiqueur certifié avec le logiciel à jour est votre meilleure garantie contre un recours juridique en cas d’erreur de classe.